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Réflexion.s

Guérir les muscles par le gras

Publié par CNRS Délégation Normandie, le 15 mars 2021   110

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Baptiste Pileyre est doctorant au laboratoire Physiopathologie, Autoimmunité, maladies Neuromusculaires et Thérapies Régénératrices à l’Université de Rouen Normandie*. Son sujet de thèse porte sur l’utilisation de thérapie cellulaire extraite du tissu adipeux dans le traitement de maladies musculaires rares.


L’immunologie et la génétique ont toujours beaucoup intéressé Baptiste. Après un Master 1 en génétique et immunologie et après avoir décroché son diplôme de docteur en pharmacie, Baptiste se lance dans un master 2 « Cancer, différentiation, génétique et biothérapie ». Il y travaille sur l’étude d’un nouveau modèle de myosite, un groupe maladies musculaires auto-immunes rares dans laquelle le système immunitaire (les globules blancs) attaque les muscles qui progressivement dégénèrent et s’affaiblissent.  

Lors de son choix de sujet de thèse, le laboratoire s’associe en tant que centre de production à un essai clinique visant à évaluer l’efficacité de la fraction vasculaire stromale (une thérapie cellulaire) dans les myosites à inclusion (un sous-type de myosite). Ce procédé est déjà en cours d’évaluation dans de nombreuses maladies telles que la maladie d’Alzheimer, la maladie de Parkinson ou la sclérose en plaques, mais l’efficacité est variable d’un donneur à l’autre.  

L’étude de l’utilisation de thérapie cellulaire extraite du tissu adipeux dans le traitement des maladies musculaires rares s’’impose donc à lui, sujet à mi-chemin entre son master 2 et ses études de pharmacie. L’objectif de ses recherches est donc de réaliser une étude préclinique afin d’évaluer l’efficacité de cette thérapie et de comprendre les acteurs et les mécanismes qui pourrait l’améliorer. 

Pour ce faire, Baptiste centrifuge le gras récolté par liposuccion pour éliminer les cellules graisseuses et ainsi obtenir un mélange de cellules régénératrices : la fraction vasculaire stromale. Il procède ensuite à des cultures cellulaires où sont mélangés les cellules de gras avec des globules blancs d’un côté, et avec des cellules musculaires de l’autre, et étudie leurs multiplications. L’objectif est que les globules blancs arrêtent de se multiplier (effet immunomodulateur) et que les cellules musculaires quant à elles se multiplient (effet myorégénérateur). La finalité de ces tests est de comparer les effets de prélèvement de différents donneurs et leur composition cellulaire afin d’identifier les facteurs responsables de l’effet thérapeutique.

Baptiste Pileyre, vainqueur du concours normand « Ma thèse en 180 secondes » en 2020 et finaliste en 2021, est l'un des ambassadeurs du programme "Réflexion.s" imaginé par Normandie université, Le Dôme et le CNRS Normandie. Il anime le compte du 15 au 21 mars 2021.

Son parcours en 5 dates

  • 2006 : BAC S
  • 2009 : Concours de 1ère année de Pharmacie
  • 2014 : Concours de l’internat de pharmacie hospitalière et Master 1 Génétique et immunologie à l’université Paris V
  • 2018 : Diplôme de docteur en pharmacie et Master 2 Cancer, différentiation, génétique et biothérapie à l’université de Rouen Normandie
  • Depuis 2019 : Doctorat en immunologie

*Laboratoire PANTHER (Physiopathologie, Autoimmunité, maladies Neuromusculaires et Thérapies Régénératrices - INSERM, Université de Rouen Normandie).

Crédits photo : Normandie université/A. Bonin (DR).