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Sur les traces de Bernard Evein, une recherche haute en couleurs

Publié par CNRS Délégation Normandie, le 15 janvier 2020   460

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Léa Chevalier est doctorante au laboratoire Lettres Arts du Spectacle Langues Romanes, à l’Université de Caen Normandie. Ses recherches portent sur la carrière de Bernard Evein, décorateur de cinéma en France entre les années 1950 et 1980.

Après son baccalauréat littéraire, Léa poursuit ses études en classes préparatoires Hypokhâgne et Khâgne au lycée Jean-François Millet à Cherbourg, avec les spécialités lettres modernes et cinéma, ses deux passions. Elle découvre alors l’étude du cinéma et s’y attache.


En 2015, elle rejoint l’Université de Caen Normandie en troisième année pour suivre une double-licence « Cinéma Arts du spectacle » et « Lettres modernes ». Pour intégrer sa licence de cinéma, elle réalise son premier documentaire. En 2016, elle choisit naturellement de poursuivre ses études en Master 1 recherche Cinéma à l’Université de Caen Normandie. C’est aussi un moyen pour Léa de rester en contact avec les lettres ou plusieurs autres formes d’art comme la peinture. Selon la jeune chercheuse, le cinéma entretient des liens avec plusieurs disciplines dont elle souhaite rester proche. 

Après un premier mémoire de Master 1 sur les couleurs dans les films de Jacques Demy, elle choisit dès son master 2, de se concentrer sur le métier de décorateur et plus particulièrement sur Bernard Evein, en étudiant la couleur dans les décors naturels de trois films (À double tour de Claude Chabrol, Les Parapluies de Cherbourg de Jacques Demy et Une femme est une femme de Jean-Luc Godard). Lors de la rédaction de ce mémoire, Léa rencontre sa future directrice de thèse qui l’encourage à poursuivre son projet.

Parallèlement au cours et à la rédaction de son mémoire de master, elle participe au programme transdisciplinaire FRESH (Film et Recherche en Sciences Humaines) de la Maison de la Recherche en Sciences Humaines de Caen et co-réalise pour l’occasion un court documentaire Jeu d’enfant. L’atelier créatif lui permet d’allier théorie et pratique et renforce son attache à la recherche en études cinématographiques. 

En 2018, elle s’engage dans un doctorat comme chercheuse allocataire de la Région Normandie et dans le cadre d’une cotutelle internationale de thèse avec l’université de Lausanne en Suisse. Dans la continuité de son mémoire de recherche de Master 2, son sujet de thèse est consacré à Bernard Evein, décorateur-peintre. La même année, elle obtient la bourse Jean-Baptiste Siegel de la Cinémathèque Française lui conférant le statut de chercheuse invitée. En 2019, elle renforce son lien avec l’organisme et renouvelle son contrat en tant que chercheuse associée.

Léa étudie le métier de décorateur sous un angle esthétique et technique et cherche à comprendre comment le métier s’est renouvelé à la fin années 50 et le début des années 60. Une période charnière puisque cette époque est marquée par le développement des tournages hors des studios d’enregistrement. Bernard Evein débute sa carrière au cours de ces années et interroge alors la nature de sa profession et la manière de l’exercer. Par l’intermédiaire des couleurs, il peaufine son style et renouvelle l’image du décor de films. Bernard Evein va par exemple montrer l’artifice pour dévoiler l’illusion cinématographique. Le but du travail de recherche de Léa est d’interroger la place des décorateurs dans la réalisation des films, l’évolution du métier de décorateur de son enseignement à son appropriation par les différentes générations et enfin la singularité d’un décorateur dont l’œuvre impacte, selon Léa, sur l’avenir d’une profession. 

Passionnée par son sujet, Léa est motivée par la volonté de mettre en lumière les métiers de la technique au cinéma. A l’origine, le plaisir de lire les entretiens et de découvrir les travaux colorés de Bernard Evein l’a poussée à le placer au centre de son étude. Pour la jeune chercheuse, le regard qu’il porte sur son métier, la période durant laquelle il débute sa carrière, ses collaborations et son attache à l’art pictural en font un sujet riche et inépuisable. 

Selon Léa, la recherche permet de progresser constamment, de mener de belles explorations dans des fonds d’archives, de faire des rencontres et d’échanger autour de son travail, d’écrire et d’être lue. C’est la diversité des activités qui l’a séduit et, par extension, la sensation de liberté dans le choix des diverses missions à accomplir. 

Léa Chevalier est l'une des ambassadrices du programme "Réflexion.s" imaginé par Normandie université, Le Dôme et le CNRS Normandie. Elle anime le compte du 13 au 19 janvier 2020.