L’intelligence collective un atout pour la transition agroenvironnementale en Normandie

Publié par Céline COLLET, le 1 septembre 2021   250

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La transition agroenvironnementale s’amorce sur les exploitations. On constate que l’innovation et le changement sont fortement corrélés aux émulations collectives et au partage de pratiques entre agriculteurs. Le point commun de ces agriculteurs : leur faculté à créer de l’intelligence collective.

L’intelligence collective, une notion méconnue mais essentielle à la transition agroenvironnementale

L’intelligence collective est définit comme étant la capacité intellectuelle d'une communauté d'individus à interagir entre eux, de créer des synergies et d'effectuer des réalisations complexes ensemble. Derrière cette notion, il est question de partage d’information, d’enrichissement d’idées, de collaboration et de coconstruction. Il ne suffit pas de rassembler des personnes sous un même signifiant pour qu’elles œuvrent ensemble à un même but. L’intelligence collective ça s’apprend et se construit. Les agriculteurs investis dans des groupes de développement connaissent parfaitement ce phénomène. Ils constatent que cette dynamique ne s’installe pas spontanément, elle demande du temps et des compétences. Partage, bienveillance, ouverture d’esprit, écoute, remise en question, volonté d’avancer et d’innover dans un collectif…. Si pour certains ces valeurs sont innés pour d’autres c’est un apprentissage qui s’effectue au contact du groupe. La mise en application de ces compétences informelles dans le cadre agricole donne lieu à des résultats particulièrement bénéfiques avec du partage de connaissances et de ressources, une posture plus confiante sur le changement et l’adoption de nouvelles pratiques. Les groupes sont particulièrement actifs sur les sujets relatifs à la préservation des sols, au captage du carbone, à l’autonomie protéique sur les élevages et la réduction des intrants.

110 agriculteurs reconnus pour leur intelligence collective

Un open badge est une image dans laquelle sont enregistrées des informations vérifiables et sécurisées relatives à des compétences ou des savoirs acquis. C’est un outil de reconnaissance de savoirs non-formels car en effet on peut apprendre partout, pas seulement dans une salle de classe ou dans une formation. Mais il est souvent difficile de faire reconnaître des compétences et des réalisations qui se manifestent à l'extérieur du système scolaire. Pour reconnaitre les capacités développées par les agriculteurs dans le cadre de leurs travaux de groupe, les Présidents du CRDA, les animateurs des GIEE et la Chambre d’agriculture ont décidé de s’appuyer sur ces badges numériques. A l’occasion des Prairiales, 110 agriculteurs ont reçu leur badge pour reconnaitre leur engagement, leur implication et leur assiduité dans un groupe et leur capacité à faire preuve d’intelligence collective dans ce cercle.

3 niveaux pour illustrer différents champs de compétence

Les agriculteurs ont identifiés 3 niveaux de reconnaissance et mis l’accent sur des champs de compétence différents. Le premier niveau reconnait l’engagement dans un groupe et l’investissement dans une démarche de coconstruction. Il est récompensé du badge « Je pratique l’intelligence collective ». Après l’acquisition de ce 1er niveau, ils peuvent prétendre à 2 autres badges de la catégorie « Je maitrise ». Pour cela, ils doivent faire valoir des aptitudes en matière de veille collaborative, de partage et d’analyse d’informations techniques, ou bien se distinguer par des qualités humaines et sociales. En effet, l’intelligence collective prospère dans un climat de bienveillance et de convivialité. C’est pourquoi les agriculteurs, acteurs de la cohésion sociale sont reconnus par un badge spécifique.

Céline COLLET, Chambre d’agriculture de Normandie