Mon premier hackacon

Publié par Virginie Klauser, le 30 août 2017   570

Xl hackacon

Le challenge : imaginer un format court d’atelier pour permettre aux participants des Journées Innovations Pédagogiques Normandes (#JIPN17) d’exprimer leur créativité avec une touche décalée. Le ton est donné et l’intérêt se porte sur le format du hackacon, où comment imaginer des objets « à la con » dans un temps très court. 

QU’EST-CE QU’UN HACKACON ?

Lorsqu’on parle d’hackacon, on pense immédiatement au hackathon, qui est détourné joyeusement pour l’occasion. A l’origine il s’agit d’un regroupement d’informaticiens, souvent des développeurs, qui manipulent des programmes, ils forment une communauté pour « hacker » ces derniers sur une durée longue, quelques jours. 

Le hackacon propose donc un « hackathon à la con » afin d’imaginer des idées totalement absurdes voire même stupides et cela sans censure. A l’instar de ce processus créatif utilisé dernièrement à Paris et à Nantes qui encourage les détournements provocateurs, décalés, autocritiques et sans censure des hackathons.

Le choix de l’animation est un format hybride permettant de tenter une innovation pédagogique en s’inspirant de la démarche « hackacon » qui permet à l’idéation collective de s’affranchir des enjeux et de sublimer la créativité tout en mettant en jeu les soft skills des participants. 

Avec une durée très courte de l’atelier, 1h30, on a attaqué tout de suite avec les 3 premières minutes de la vidéo de Guillaume Meurice qui parle du hackacon puis on a brisé la glace.  

 UN ICE BREAKER POUR S’ÉCHAUFFER

Le groupe d’un vingtaine de personnes ne se connaissant pas, l’activité de démarrage a mis tout le monde progressivement dans le bain de la discussion. « A partir d’un seul objet, que vous connaissez tous, le trombone de bureau, écrivez chacun de ces usages sur un post it. Soyez inspirés en seulement 2’30 minutes. Top chrono ! » 

Le temps prévu était un peu long mais ce tour de chauffe réussi a permis aux participants de se parler, échangeant leurs idées et rebondissant volontiers sur les idées des autres. Ils ont trouvé des usages attendus : marque page, retenir deux feuilles ensemble, outil d’ouverture de téléphone ou pour retenir la braguette de son pantalon et ont imaginé des utilisations inattendues : l’utiliser pour sauver le monde si on s’appelle MacGyver, comme un tuteur de trèfle, ou comme comme mini cintre pour avorter une souris… (sans censure on avait dit).

IMAGINER UN OBJET INUTILE

Les choses sérieuses (ou pas) pouvaient commencer. « Comment détourner les objets de notre quotidien ? Mettez à l’épreuve votre créativité et imaginez les nouveaux objets inutiles de demain. N’oubliez pas on peut être créatif seul, mais on innove en équipe ! » 

Les 3 animateurs de l’atelier ont accompagné les 4 groupes de 5 personnes et les ont coachés dans leur réflexion. A l’image d’un dépose-miettes pour se créer un semblant de vie sociale lorsqu’on mange seul, les objets imaginés se voulaient absurdes et stupides mais pouvaient restés de brillantes idées bien sûr ! Le hackacon surfe aussi sur la critique de ces innovations faussement révolutionnaires et dénonce par l’absurde les abus de création d’objets innovants qui changeront le monde.

RENDRE L’INUTILE INDISPENSABLE

Une fois que chaque groupe a imaginé un objet inutile, l’a détaillé sur un plan et en a fait une version 3D à l’aide de nombreux objets laissés dans la salle. Vient le moment des présentations de chacun des objets. L’auditoire était attentif, chacun impatient de découvrir les trouvailles des autres groupes. Ils ont découvert « l’attrape air » où comment transformer son air en air moche, en air mite, en air guitare… Le « froisseur de papier » dès sa production est dévoilé sous les regards amusés des participants. Certains ont présenté le « Not book » le carnet invisible pour prendre des notes tandis que d’autres le « rule socks » la machine qui sépare vos chaussettes. 

Dernier challenge de l’atelier, et pas des moindres, les groupes se sont séparés de leur objet inutile et ont récupéré l’objet du groupe voisin. « Vous avez 20 minutes pour rendre cet objet utile. Vous choisirez le meilleur orateur pour nous convaincre que votre objet est indispensable à notre quotidien en 2 minutes seulement. »

Les arguments ont fusé : 

  • « Le not book, l’outil indispensable de vos réunions, redécouvrez le plaisir de ne pas écrire. Ces applications sont nombreuses, réunions pénibles, cours de philo, cahier de vacances pour cancre… »
  • « L’attrape air, un objet multifonctions avec filtre destiné à modifier l’air pour le transformer en air con, air wick. Il transformera votre air en air vicié ou aux parfums délicat d’essence ou d’huile de moteur. »
  • « La boîte du jeu apprendre à se perdre ne contient pas de GPS, mais une boussole qui donne la mauvaise direction, contient également une liste d’adresse de personnalités à contacter en cas d’urgence, Sherlock Holmes ou Casimir. Toutes les autres pièces ont été perdues. Ce jeu est le cadeau idéal pour toutes les personnes qui ont besoin de se perdre pour trouver leur chemin. »
  • « Le Rule rocks la seule machine manuelle qui sépare automatiquement vos chaussettes et les dépareillent pour les mettre en boule. »

L'atelier s'est terminé par un vote de tous les participants pour l'équipe qui a le plus convaincu avec sa présentation et un trophée spécial hackacon 2017 a été remis à la fin de la journée à l'issue de tous les ateliers participatifs.

Partenaires : Normandie Université, La Région Normandie, UNICAEN Université Caen Normandie, Evénement RUNN, Communautic, CEMU, Le Dôme, Canopé, INSA Rouen Normandie, Université de Rouen Normandie et les Académies de Caen Rouen.