Des menuisiers au FabLab

Publié par Marylène Carre, le 25 juillet 2018   820

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La coopérative des Copeaux Numériques gère un tiers-lieu unique en son genre près de Rouen, qui associe un atelier de menuiserie traditionnel, un FabLab, des espaces de co-working et un café culturel. Caroline Degrave en est la "directrice humaine des ressources".

Le projet naît en 2014 de la rencontre entre François Marquetty, fraîchement reconverti comme menuisier, et Caroline Degrave, animatrice d’un groupement d’agriculteurs biologiques. Ils font le constat qu’il faut repenser notre mode de consommation et faire émerger de nouveaux modèles économiques fondés sur la valeur d’usage plutôt que la possession, que la ville manque d’espace de travail pour les professionnels du bois, bricoleurs et créatifs occasionnels, et qu’il est temps de cesser de séparer savoir et pratique. En 2016, ils créent la coopérative des "Copeaux numériques" qui ouvre un an plus tard le Kaléidoscope. Un lieu hybride qui associe le travail du bois et la fabrication numérique, dans un ancien monastère au milieu d’un parc arboré, et ce, en pleine métropole rouennaise, à Petit-Quevilly.

ARTISANS ET DESIGNERS

"On a étudié ce qui existait en France et à l’étranger. Le mouvement des makers nous intéressait parce qu’il permettait de prototyper, créer, bricoler", explique Caroline Degrave. Si le nouveau FabLab de Rouen suit le principe des makerspaces, avec une communauté de matériels, de connaissances et de compétences, ici, on produit des objets d’art et des meubles design. "Les usagers sont accompagnés par des professionnels, de la conception-modélisation à la réalisation de leur projet. Des workshops autour de la fabrication d’un objet, des cours et des stages d’initiation et de perfectionnement sur les machines sont organisés".

Des espaces de travail accueillent les co-workers résidents (au moins un an) ou nomades qui viennent créer. On y trouve aussi une coopérative d’activité et d’emploi, un organisme de formation à la régulation des conflits, un architecte-scénographe, une agence d’architecture, un concepteur-fabricant d’agrès pour les arts du cirque, des traducteurs, des coachs et de futurs entrepreneurs…

Les Copeaux numériques comptent aujourd’hui 400 membres adhérents et font le pari de la mixité entre des corps de métiers différents et des individus pour développer des projets collectifs. "Véritable ovni culturel, c’est avant tout un lieu ouvert où chacun peut venir travailler, s’amuser, entreprendre ou simplement boire un café", conclut Caroline Degrave.

Les Copeaux numériques ouvriront les portes du Kaléidoscope au grand public à l'occasion de la Fête de la Science.


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Crédits : Les Copeaux numériques/B. Maurey (DR).