Deux voies, une voix

Publié par Presqu'en Fabrique, le 24 juin 2022   100

Le Collectif Presqu’en Fabrique :

Le collectif Presqu’en Fabrique a été créé en 2020 par Le Dôme et Le Pavillon et rassemble deux promotions des écoles de l’EM Normandie et du Campus des Transitions de Sciences Po Rennes. Ce collectif a pour vocation de concevoir des aménagements temporaires sur les espaces urbains délaissés. Nous travaillons ensemble en un seul nom, celui du collectif Presqu’en Fabrique. Et pourtant, nous ne nous étions jamais rencontrés auparavant.

L’équipe de 2021-2022:

Cette année, Presqu’en Fabrique rassemble une quarantaine d’élèves de master 2 issus de deux nouvelles promotions de l’EM Normandie et du Campus des transitions de Sciences Po Rennes.
Le collectif étant renouvelé tous les ans, la passation a été primordiale pour s’imprégner des valeurs du collectif et permettre une cohérence au fil des ans.
Après plusieurs séances dans les locaux de l’EM, au Pavillon et au Dôme, nous avons pu nous approprier le Collectif, le concept d’acupuncture urbaine et notre support thématique de travail : la signalétique urbaine.

Cette phase de contextualisation et d’appropriation nous a permis de dégager deux thèmes sur lesquels nous souhaitions travailler :

  • Colorer la ville
  • Ralentir dans la ville

A partir de ces deux thématiques, nous avons réfléchi à plusieurs outils pour les faire émerger dans les espaces publics.

Deux thèmes, un moyen d’expression, l’équipe de cette année était fin prête pour se lancer sur la reconquête des espaces urbains de la Presqu’île.

Un travail digne d’un match de ping-pong.

A part une journée mi-septembre à l’occasion des Parking Days, et une journée début octobre, nous avons dû avancer sur le projet séparément. Les emplois du temps respectifs et nos rythmes d’alternance sont en défaveur de moments communs. D’un côté, cela a sans doute rendu les choses plus simples car travailler à quarante demande une organisation précise, des rôles bien définis, et les occasions de s’éparpiller sont nombreuses. Mais l’intérêt de l’exercice était de croiser les regards et les expertises, les manières de faire, et sortir des silos que peuvent représenter nos écoles.

Pour faire avancer le projet, nous avons travaillé à la manière de pongistes qui se renvoient la balle (ou la patate chaude selon les points de vue). Une passation entre les phases de travail de chaque école, sans que nous puissions avancer en simultané. Nos contacts étaient les traces que nous laissions sur un outil numérique commun, le PAD. Une des difficultés de travailler entre élèves de formation différentes réside dans le fait que nos méthodes de travail et de réflexion le sont également. Néanmoins cette adaptation est intéressante et nous permet de sortir de nos zones de confort et d’apprendre de nouvelles méthodologies.
Nous devions ainsi marcher dans les pas du précédent groupe de travail et se les approprier en peu de temps tout en avançant sur notre projet.

Aujourd’hui, nos deux groupes de travail ont su appréhender la Presqu’île, en noter les contradictions mais aussi construire et animer des ateliers au Dôme.

Quelques travaux en guise d’appui aux différentes équipes des différentes écoles

Pour rappel, les étudiants de l’EM Normandie ont mené des travaux de déambulation et de recherche en sous-groupe qui ont abouti à la réalisation de cartes mentales à l’issue des sorties terrains. Des photos sont mises à disposition pour votre appréciation.



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Des outils :

  • Les représentants de l’association, membres du bureau : 2 étudiants de sciences po, 1 étudiant de l’EMN, le Pavillon, le Dôme
  • Le pad : Qui a permis de marquer l’importance de restituer et de laisser des traces pour qu’il y ait une passation entre les groupes
  • Le groupe Messenger : Qui nous a permis d’échanger rapidement les informations

Le travail de documentation est primordial pour la continuité de notre travail collectif. Nous retranscrivons nos séances de travail, partageons les productions sur un PAD, un outil numérique en libre accès. Nous veillons également à préparer des articles destinés au public intéressé, dans lequel nous présentons le travail du collectif et les événements qui ont lieu. Une présentation des ateliers et des résultats a été faite, afin que nous restions sur une même lignée.

Des événements

Parking Days

Le 17 septembre 2021, nous nous sommes retrouvé.e.s rue Gémare, dans le quartier des Quatrans à Caen. L’été touche à sa fin, l’air est lourd. Plusieurs ateliers sont disposés le long de la rue. Les piéton.ne.s circulent librement. Les voitures se retrouvent bloquées par la circulation humaine. De 12h à 22h, les habitant.e.s prennent possession des places de parking. L’usage premier est détourné afin que les habitant.e.s puissent se les approprier comme ils le souhaitent. C’est dans ce contexte original et convivial que les étudiant.e.s de Sciences Po et de l’EM Normandie ont découvert cette réapropriation urbaine. Plusieurs ateliers, magasins éphèmeres, artistes sont présents sur les places. L’objectif est de devenir usager.e.s de l’espace. Il était intéressant et important de découvrir ce laboratoire à ciel ouvert pour la suite de nos travaux.

Plus d’informations ici 📌 🚗

To do : mentionner la Biennale, Parkings Days, nourrir de photos




** La Biennale d’architecture (6 au 10 octobre 2021)**

Cette année la biennale d’architecture organisée par le Pavillon avait pour thème “Habiter demain, de l’imaginaire au faire”. Tout au long de la semaine les étudiant.e.s ont pu assister à des conférences, des ateliers, des expositions, des discussions avec des habitants et des experts. Ces moments ont permis de penser et d’imaginer ensemble l’habitat de demain et la manière de faire ensemble.

Certains ont assisté à la conférence de Philippe Simay, un philosophe voyageur. Il explique qu’il faut penser la matière avant de penser l’espace. Le paradigme change, on ne cherche plus la matière avant l’espace. Il remet également l’habitant.e au centre des réflexions, ces moments permettent du partages et également des échanges intergénérationnels. La conférénce finie sur une phrase : comment retrouver notre lien à la nature ?

Cette semaine thématique nous a permis d’avancer dans notre réflexion sur la manière de faire évoluer Presqu’en Fabrique.

Les étapes de création et concrétisation

L’enjeu de ces étapes était de garder une trace de nos avancées respectives afin de conserver une cohérence dans notre travail, tout en sachant que nous n’avions que peu de moments communs avec les étudiant.e.s de l’EMN.

L’étape indispensable de définition (janvier 2022)

Nous avons, pour mieux cerner notre sujet et les thématiques que nous souhaitions aborder, réalisé des diagnostics de la Presqu’île. Est-elle accessible à vélo? Quelle place est donnée à la nature?
Nous avons alors à des moments différents pu déambuler sur son territoire pour mieux en comprendre les enjeux et le contexte. Nous avons pu faire des recherches sur son histoire passée, présente et future.

La création d’un atelier collaboratif “La signalétique c’est pas automatique”(février 2022)

En février, les étudiant.e.s de Sciences Po Rennes Campus des Transitions, ont créé et animé un atelier “La signalétique c’est pas automatique”. L’objectif de l’atelier était de faire émerger des idées sur les moyens de mettre en avant les lieux remarquables de la Presqu’île pour lui donner vie. A la fin de l’atelier, les groupes ont présenté les idées finales sélectionnées. Ces idées continueront à être approfondies pour la phase finale de création des panneaux de signalisation.
La trame de l’atelier et les retours mis par écrit permettront par la suite aux étudiant.e.s de l’EMN de reproduire en avril l’atelier avec de nouveaux.elles participant.e.s en y apportant les modifications nécessaires.

“La signalétique c’est pas automatique!”: la suite (avril 2022)

En avril c’était maintenant au tour des étudiant.e.s de l’EMN d’endosser le rôle d’animateur.rice.s et d’accompagner les participant.e.s à trouver ensemble comment donner vie à la Presqu’île. La réflexion s’est également portée sur les types de matériaux à utiliser pour réaliser la signalétique.
Bon nombre de participant.e.s souhaitaient mettre en avant les “invisibles” de la Presqu’île.
La réflexion continue à se construire et se concrétiser pour aboutir sereinement à la finalité du collectif: la construction de la signalétique et ce que l’on veut lui faire dire.

Le dernier atelier et la réalisation des panneaux (juin 2022)

La semaine du 20 juin marque la dernière étape du collectif : construire, en collaboration avec le Dôme et les participant.e.s, les panneaux de signalisation éphémère. Lors de cet atelier, les différents groupes ont pu choisir un fond de panneau, son contenu parmi les visuels proposés et ensuite les réaliser grâce à l’imprimante laser. Parmi les animateur.rice.s certain.e.s ont suivi une formation à cette machine afin d’accompagner les participant.e.s.
Après chaque atelier, les participant.e.s peuvent débloquer des open-badges attestant des compétences acquises!

Le travail collectif et le suivi de la progression de chaque groupe d’étudiant.e.s ont conduit à la réalisation des panneaux et de notre objectif final : concevoir des aménagements temporaires sur les espaces urbains délaissés.

Cette expérience nous a permis de co-créer un projet en y amenant chacun.e.s nos compétences et connaissances respectives et spécifiques à nos domaines d’études. Nous avons pu apprendre de la façon de faire de chacun, apprentissages qui nous seront utiles pour la suite de nos parcours.

Soirée de clôture Presqu’en Fabrique

Cette dernière journée s’est faite en commun avec tous les étudiant.e.s du collectif (Sciences Po Rennes et EM). L’objectif était de terminer les panneaux qui seront mis en place sur la Presqu’île début juillet et de préparer notre soirée de clôture au Cargö.

Lors de la soirée, des ateliers d’immersion pour présenter notre travail commun ont été organisés:

  • atelier dessin des rails de la Presqu’île sur le principe du cadavre exquis
  • des étudiant.e.s incarnaient les personnes invisibilisées de la Presqu’île (les travailleuses du sexe, les migrants et les squatteurs)

Nous avons également exposé les panneaux réalisés dans une ambiance musicale assurée par quelques étudiants de l’EM.