Chercheuse, profil "fac-euse"

Publié par Marylène Carre, le 30 juillet 2018   330

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Enseignant-chercheur à l’Université de Caen Normandie, Julie Douady a suivi un parcours 100% universitaire. Aujourd’hui, elle partage son temps entre ses recherches en physique atomique et moléculaire au CIMAP et les cours aux étudiants.

Elle se rêvait mathématicienne. Mais au lycée, après un bac scientifique option math qu’elle redouble une première fois, on lui fait comprendre qu’on ne trouve pas de métier comme théoricienne. Elle s’inscrit en DEUG "Sciences de la matière" à l’Université de Tours. En licence de physique, la découverte de la mécanique quantique est une révélation : "Je pouvais faire de la théorie mathématique pour étudier des phénomènes physiques !" 

Dès lors, Julie Douady n’a plus quitté les bancs de l’université. Elle qui s’estimait mauvaise élève, gagne en maturité et en organisation de travail à la fac. D’autant qu’elle doit travailler pour financer ses études. "Les profs me disaient : soit on étudie, soit on bosse. Je n’avais pas le choix, je me suis accrochée. Je savais que je ne faisais pas des études pour rien".

Pour le DEA, elle choisit la province et s’inscrit à Caen en "Physique de la matière et du rayonnement". "En postulant dans une université prestigieuse à Paris, la concurrence est telle que j’avais peu de chance de décrocher une bourse pour la thèse". La tactique porte. Julie termine deuxième de sa promotion et obtient une bourse ministérielle de trois ans pour poursuivre un travail de recherche initié au cours du stage de DEA et portant sur un sujet très théorique : l’étude des dynamiques induites par l’excitation électronique à l’échelle moléculaire. Elle décroche dans le même temps un poste de monitrice, chargée de TD et de TP. "Depuis le lycée, je donne des cours de maths. J’ai cette fibre pédagogique. Quand on est dans la recherche, enseigner permet de sortir la tête du guidon". 

LA RECHERCHE
EN LIGNE DE MIRE

Elle part en post-doc à Toulouse dans un laboratoire de physique quantique qui termine un programme de recherche. Tactique encore. "En dix mois, j’ai pu valider des résultats et beaucoup publié". Le directeur du laboratoire la recommande lorsqu’elle postule sur un poste d’enseignante-chercheuse au Centre de recherche sur les ions, les matériaux et la photonique (CIMAP) à Caen. Ils sont dix candidats sélectionnés sur dossier, deux à passer à l’oral. 

Depuis 2008, Julie Douady est maître de conférences à l’Université de Caen Normandie, chargée des cours magistraux de mécanique quantique en licence et responsable de modules en master. La charge d’enseignement est importante, d’autant qu’elle s’investit dans le conseil du Département de physique et la médiation scientifique (conférences en lycée et organisation de la Fête de la science sur le campus 2). "C’est ce qui, au final, permet de faire de la recherche librement, sur des thématiques fondamentales". 

En physique atomique, elle est l’une des rares théoriciennes parmi les "expérimentateurs". Au sein de l’équipe SIMUL, elle réalise des modèles théoriques de simulation pour étudier ce qui se passe à l’intérieur des molécules excitées. Un travail de mathématicienne.


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Crédits : Le Dôme/M. Carre (DR).