FarmBot : Le petit robot maraîcher du futur

Publié par Marylène Carre, le 21 novembre 2017   2.4k

Xl matthieu debar

Un projet qui rapproche les défenseurs des technos et ceux du bio, qui répond à des enjeux écologiques, pédagogiques et scientifiques, et fait entrer l’agriculture dans une nouvelle ère. Le petit robot FarmBot est au cœur d’un grand projet collaboratif initié par le Dôme. Le point avec Matthieu Debar, FabLab manager.

Pourquoi le robot maraîcher FarmBot intéresse Le Dôme ?

FarmBot, c’est d’abord un robot à fabriquer soi-même dédié au maraîchage individuel. Les Californiens qui l’ont développé ont utilisé cet argument : "cultivez vos légumes avec ce petit robot et vous ne mangerez pas d’OGM". C’est un peu le jardin ouvrier nouvelle génération, qui trouve sa place au milieu de nos villes, sur le toit d’un immeuble. Il réconcilie des aspirations sociales et environnementales, l’agriculture urbaine et bio, et le côté techno de l’agriculture connectée. La documentation est en open source et l’assemblage de ce petit robot est abordable financièrement (le kit coûte 2 600 $) et pas plus difficile techniquement que le montage d’une imprimante 3D au FabLab. En outre, le prototypage d’un tel robot permet de mobiliser plusieurs filières (enseignement initial, BTS, écoles d’ingénieurs…) et disciplines : l’électronique, la mécanique de précision, la pneumatique, l’agronomie, l’informatique et même les sciences sociales. Il réunit tous les critères pour devenir un outil pédagogique pertinent.

Comment fonctionne-t-il ?

Il est conçu pour un petit jardin, de 4,5 m2, "pour convenir aux besoins d’une famille ", disent les Californiens. Piloté à distance via un smartphone ou un ordinateur, le robot est un bras mécanique monté sur rails qui se déplace sur le potager, de droite à gauche et de haut en bas. En fonction des tâches que lui commande l’application, il va aimanter la "tête-outil" adéquate pour piocher les graines, semer, désherber (il repère la plante indésirable grâce à une caméra embarquée), mesurer l’hygrométrie au sol ou arroser en conséquence.

Comment s’est monté le projet Farmbot ?

Nous avons repéré le petit robot au printemps 2016. L’équipe californienne ne disposait pas de suffisament de kits à l’époque et nous avons dû acheter le matériel un peu partout dans le monde pour assembler notre premier prototype, il y a un an, avec les élèves du Pôle de formation de l'UIMM (PFIT-CFAI) de Caen. La Chambre régionale d’agriculture (CRA Normandie) s’est tout de suite intéressée à ce petit robot, qui pouvait devenir  un outil pédagogique formidable pour sensibiliser les étudiants et les professionnels aux possibilités offertes par l’agriculture connectée. La CRA Normandie s’est positionnée comme pilote du projet FarmBot et des partenaires nous ont rejoints.

L’avantage, c’est qu’autour d’une expérimentation commune, chacun poursuit ses propres objectifs : le CFAI s’attache à l’aspect mécanique de l’outil, le pôle TES à l’objet connecté… Il intéresse même les sociologues parce qu’il pose la question de la représentation de la robotique dans la société. Le point fort du projet Farmbot est qu’il fédère une grande communauté d’intérêts à l’échelle régionale.

Où en est-on ?

Nous disposons de deux prototypes de FarmBot, montés au Dôme et à l’Institut Lemonnier et aujourd’hui démontés, qui vont rejoindre le Lycée agricole "Le Robillard" à Saint-Pierre-sur-Dives et l’ESIX Normandie. Deux autres kits sont en cours d’acquisition. En 2018, nous aurons donc quatre FarmBot en circulation dans la région. Si nous obtenons l’appel à projets "Innovation pédagogique et numérique" de la Région Normandie, nous pourrons passer à la vitesse supérieure à partir de la rentrée prochaine, avec un objectif de 20 sites d’expérimentation d’ici trois ans. La Région a une carte à jouer sur ce projet : se positionner comme territoire d’expérimentation de l’agriculture connectée.


Suivez toute l'actualité du projet dans notre dossier "FarmBot".


Crédits : Relais d'sciences/M. Carre (DR).