GIS ECUME : un cluster collaboratif pour faciliter le vivre ensemble en mer
Publié par Le Dôme, le 5 janvier 2026 34
Laëtitia Paporé, Présidente du Comité de pilotage du GIS ECUME revient sur les objectifs d’un groupement d’intérêt scientifique, l’importance du travail collaboratif pour faire face aux enjeux de la mer de la Manche ainsi que les éléments qui l’ont marqué pendant les ateliers participatifs.
Bonjour Laëtitia. Qu’est-ce que le GIS ECUME, pourquoi a t-il été mis en place ? À quels besoins répond-il ?
Le Groupement d’intérêt scientifique pour l’étude des effets cumulés en mer (GIS ECUME) a comme objectif de proposer une démarche scientifique permettant d’acquérir la connaissance sur les impacts cumulés des activités humaines en mer (exploitation de granulats marins, énergies marines renouvelables, dragages et dépôt de dragages portuaires, câbles sous-marins, activités de pêche).
Porté par l’université de Caen Normandie, le GIS ECUME associe 10 membres, réunissant, en une approche régionale, les principaux porteurs de projets en mer : l'Union nationale des industries de carrières et matériaux de construction (UNICEM Normandie), le Comité régional des pêches maritimes et des élevages marins (CRPMEM Normandie), RTE, HAROPA PORT, Ports de Normandie, la Société éolienne offshore des hautes falaises (EOHF), le Parc éolien en mer du Calvados (EODC ) et établissements d’enseignement supérieur et de recherche (universités de Caen, Rouen et Le Havre). En fédérant l’interaction entre ses partenaires scientifiques et économiques, le GIS agit comme un cluster collaboratif facilitant le vivre ensemble et permettant de fédérer des compétences scientifiques et des moyens pour réaliser des projets communs de recherche au plus proche des enjeux concernant les activités maritimes sur la façade Manche-Est Mer du Nord et le milieu dans lequel elles évoluent.
Quels sont les enjeux, complexités de la mer de la Manche qui a nécessité la mise en place du GIS ?
La Manche est une mer très anthropisée, siège de nombreux usages économiques, en plus d’un trafic maritime parmi les plus denses du monde.
On y trouve des ports avec des activités de dragage et de clapage pour l’entretien des accès, des concessions de granulats marins pour la réponse aux besoins en matériaux de construction des territoires littoraux, de la pêche, sur l’ensemble de la Manche pour l’alimentation des populations, des champs éoliens, présents et à venir, avec leurs câbles de raccordement à la terre, pour l’alimentation énergétique de la façade.
C’est dans ce contexte que les acteurs économiques maritimes et les 3 universités normandes ont souhaité se réunir en Groupement d’intérêt scientifique afin d’avoir un espace dédié d’échange et de construction. Il s’agit de mettre en commun des moyens pour acquérir de la connaissance sur les impacts cumulés. La constitution du GIS ECUME a eu lieu à la fin de l’année 2020.
La structure d’un GIS est particulièrement adaptée à cet objectif grâce à un Comité de pilotage qui va choisir des thématiques prioritaires et poser des questions, et un Conseil scientifique indépendant qui va proposer des projets de recherche pour répondre à ces questions.
Un coordinateur assure le lien entre les deux instances. Chaque année, une Assemblée Générale ouverte à la communauté scientifique, aux associations, aux administrations et aux collectivités permet de présenter l’avancement des travaux.
Est-ce que la démarche participative mise en place a fait évoluer tes représentations ou pas du tout ? En quoi elle a fait ou non changer ces représentations ? Quelle a été l’idée qui t’a le plus surprise lors des conférences/ateliers ?
La démarche participative est intéressante car elle a permit à des publics différents de parler de la mer et de ses enjeux et elle a mis en évidence des conceptions très différentes en fonction des personnes qui s’exprimaient. Le troisième atelier avec la nécessité de faire des choix sur différents enjeux liés à la mer m’a particulièrement marqué. Le résultat des choix de priorité était très disparate en fonction des tables.
Elle a également confirmé que le grand public a peu de connaissance sur les activités maritimes et qu’il est nécessaire de revenir aux fondamentaux lorsqu’on évoque une activité : la réglementation qui l’encadre, l’analyse des impacts environnementaux qui précède son autorisation, le suivi de ces impacts tout au long de l’activité… Ces éléments sont peu connus.
J’ai aussi pu constater que le sujet d’inquiétude actuel était le plastique avec sa présence dans le milieu marin jusqu’aux espèces qui y vivent. La question de la nécessité de plus de science et de vulgariser les résultats des études scientifiques a été également très présente dans les échanges. C’est effectivement un point fondamental.
À noter. Laëtitia Paporé est également Présidente de la commission granulats marins de l’Union nationale des producteurs de granulats (UNPG), Présidente de la commission spécialisée ressources non biologiques du Conseil maritime de façade (CMF) et Directrice "Granulats marins" de la société Heidelberg Materials France - activité granulats.
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