Retour d'expérience TURFU Festival 2021 ... Atelier objet artisanal connecté

Publié par Pôle ATEN, le 10 novembre 2021   87

Xl poleaten turfu iot

Cette année avait lieu la cinquième édition du TURFU festival co-organisée par Le Dôme et Casus Belli. Le Pôle ATEN a rejoint la programmation en proposant un atelier sur les objets connectés au service des artisans. Cet atelier, co-animé avec le Dôme et Cap'Tronic, visait à interroger la place qu'auraient les objets connectés dans une boulangerie-pâtisserie en 2050. En effet, de nombreuses villes s'engagent aujourd'hui vers la recherche d'une efficience optimale de fonctionnement et ainsi répondre aux exigences futures (exigence écologique notamment). Afin de l'atteindre, ces villes intelligentes ou smart cities utilisent des solutions numériques dont les objets connectés constituent la pierre angulaire. Un objet connecté, au sens Internet Of Things (IOT), est un équipement qui communique avec un autre équipement : il reçoit et/ou envoie des informations - des données - grâce à un accès non filaire à internet.

Comment la boutique artisanale va-t-elle s'intègrer au sein d'une ville intelligente est la question qui constitue un des enjeux futurs des politiques territoriales. En imaginant un objet connecté, au service de l'artisan ou du client, les participants à cet atelier ont contribué à délimiter cet enjeu tant en terme d'usages que d'acceptabilité sociale.

Pour interroger cette problématique, l'atelier s'est articulé autour de quatre étapes :

- mise en situation : le participant tire au sort s'il est un client ou un boulanger qui vit, dans l'établissement ou en s'y rendant, une situation agréable ou désagréable.

- résolution : les participants imaginent, en groupe, comment répondre à la mise en situation avant puis après avoir été initiés aux objets connectés.

- illustration : les participants illustrent la solution collectivement choisie faisant intervenir un objet connecté qu'ils caractérisent et dessinent.

- restitution : les participants présentent leurs solutions puis sont amenés à voter pour la solution qu'ils aimeraient voir aboutir en tant que citoyen.

Onze objets connectés (six pour le boulanger, cinq pour le client) ont ainsi été imaginés lors de cet atelier. Le tableau ci-dessous présente chacun des objets et la problématique à laquelle il répond : son usage.

Nom de l'objet connecté
Usage de l'objet connecté
Farbal 2.0
XXX
Croissant connecté
Grab'pain
Boulange connect
Camtesarmes
Bakor swatch
Pic'n eat
Valse de chopin (salve de pains chauds)
Bake delivery
Invendu, un donné
Ne pas manquer de farine
Ne pas se faire écraser par une voiture en allant chercher son pain
Ne pas manquer de produit à vendre en fin de journée
Eviter un accueil non satisfaisant
Ecouler le stock restant suite annulation commande
Eviter les braquages
Eviter les produits brûlés
Analyser la qualité nutritionnelle
Avoir des produits boulangers à tous moments
Eviter les files d'attentes interminables
Offrir des produits aux SDF

Etonnamment, bien qu'aller chercher du pain ou nourrir ses compatriotes témoigne d'un besoin physiologique, les cas d'usages imaginés par les participants ont fait émerger d'autres types de besoins fondamentaux comme la sécurité, le social ou l'estime comme le montre le tableau ci-après.

Nom de l'objet connecté
Besoin satisfait Solution technique
Vote
Farbal 2.0
XXX
Croissant connecté
Grab'pain
Boulange connect
Camtesarmes
Bakor swatch
Pic'n eat
Valse de chopin (salve de pains chauds)
Bake delivery
Invendu, un donné
Physiologique 
Sécurité 
Physiologique 
Social 
Physiologique 
Sécurité 
Physiologique 
Sécurité 
Physiologique 
Social ? 
Estime
Balance/Application
Réseau d'objets
Caisse/Application/Drone
Robot
Application partagée
Camera
Four/Sonde/Application
Objet/Application
Application/Distributeur/Drone
Caisse/Application/Capteur
Application/Ecran publicitaire
3
5
7
1
5
2
6
7
7
8
8

La proportion de chaque type de besoin se distribue ainsi : 5 objets connectés répondent à un besoin physiologique, 3 à un besoin de sécurité, 2 à un besoin social et 1 à un besoin d'estime. Ceci montre, que plus que les grands enjeux collectifs desquels les villes intelligentes émergent, les objets connectés qui seraient à penser dans la boulangerie-pâtisserie de 2050, doivent, avant tout, incarner les besoins fondamentaux de chacun.

Comme illustré par le tableau précédent, en terme de technologies support à la solution, les participants se sont majoritairement appuyés sur des technologies/objets existants en augmentant leurs fonctionnalités ou en les arrangeant en réseau pour créer la fonctionnalité souhaitée. Aucune des solutions proposées n'est hors sujet. Ceci indique qu'il n'y a, à priori, pas de frein technique à leur utilisation montrant l'assimilation, probablement par l'usage, de ces technologies. Cette assimilation est néanmoins à nuancer. En effet, les questions relatives aux données générées et échangées par les objets imaginés (stockage, respect de la vie privée, utilisation par une intelligence artificielle...) n'ont pas été abordées par les participants.

Les votes montrent, quant à eux, que la désincarnation de la relation boulanger/client par un robot est peu plébiscitée contrairement aux solutions "bake delivery" qui permet la gestion des files d'attente en boulangerie ou "invendu, un donné" qui permet aux boulangers de faire apparaître sur les écrans publicitaires de la ville leurs stocks d'invendus afin de les offrir aux SDF à proximité.

La production des participants de l'atelier permet de poser les premiers jalons de cette réflexion. Ils indiquent que si la boulangerie-pâtisserie est à intégrer à la ville intelligente au travers d'objets connectés, leur utilisation technique n'apparaît pas comme un frein. En revanche,  ceux-ci seraient mieux acceptés s'ils répondent avant tout à un besoin fondamental individuel plutôt qu'à l'intérêt collectif. Est-ce à dire qu'il faille reformuler le récit pour qu'apparaisse l'évidence de la symbiose ?