Flavie Bidel : Seiches sous antidépresseurs

Publié par Guillaume Dupuy, le 7 octobre 2013   640

Xl fbidel

À 26 ans, Flavie est doctorante depuis 8 mois au Groupe Mémoire et Plasticité comportementale (GMPc) de l'Université de Caen Basse-Normandie. Elle est l'une des 33 jeunes chercheurs et chercheuses qui participent à l'Atelier du chercheur 2013.

À 26 ans, Flavie est doctorante depuis 8 mois au Groupe Mémoire et Plasticité comportementale (GMPc) de l'Université de Caen Basse-Normandie. Au sein de l’équipe, Flavie s’intéresse plus particulièrement à l’impact des antidépresseurs sur le développement du système nerveux central et les comportements de la seiche. Bien qu’elles ne soient pas dépressives, les seiches sont exposées lors des premières étapes de leur vie à des résidus de médicaments comme l’explique Flavie : “Les stations d’épuration ne sont pas conçues pour leurs traitements, c’est pourquoi on en retrouve dans nos effluents et dans les milieux aquatiques.” Les chercheurs souhaitent donc savoir quel est l’impact de cette pollution sur les espèces qui se développent sur les côtes.

Avant d’en arriver là, Flavie a passé un DUT “Génie biologique”, option “Génie de l’environnement” à Caen. C’est un stage à la fin de ce cursus très technique qui lui a donné le goût de la recherche : “J’ai adoré la recherche. J’adore le fait d’essayer de comprendre ce qui se passe dans le monde qui m’entoure. Je suis une curieuse.”

Elle a alors enchaîné sur une 3ème année de Licence à l’Université de Lorraine avant de partir pendant un an à Oslo. “J’étais très mauvaise en anglais (j’ai eu 4/20 au Bac) et c’est une langue qu’il faut absolument maîtriser en recherche. J’ai donc décidé de poursuivre ma formation en Norvège où les cours sont dispensés en anglais. C’est une expérience géniale que je ne regrette pas. Je ne pense pas que j’aurais pu continuer en thèse sans cela. Par contre, je ne parle toujours pas Norvégien !”. Retour à Metz pour étudier l’écotoxicologie puis retour à Caen où s’ouvraient les plus belles opportunités pour sa carrière.

Aujourd’hui, le quotidien de Flavie se partage entre activités de terrain et analyses en laboratoire. Les 6 mois chauds sont consacrés à l’élevage des seiches à la Station marine de Luc-sur-Mer : changer l’eau des aquariums, surveiller les éclosions, chasser les crevettes pour nourrir les petites seiches, effectuer les différents tests et prélèvements nécessaires, etc. Les 6 mois d’hiver se passent au laboratoire pour réaliser les analyses, communiquer ses résultats et enseigner à l’Université. Une alternance indispensable pour Flavie : “En tant que chercheur, tu dois être polyvalent et moi, c’est ça qui me plait !”

L’étude se terminera en 2015 en même temps que sa thèse. Et après ? Flavie s’imagine enchaîner les contrats au gré des sujets de recherche qui lui seront proposés. Une seule chose est sûre : elle fera ses valises pour l’étranger. Une condition indispensable pour satisfaire son tempérament de curieuse !