"Je veux améliorer le score !"

Publié par Guillaume Dupuy, le 14 mai 2021   1.4k

Maxime Houry est l’un des trois doctorant·e·s normand·e·s qui participeront à l’édition 2021 de “Pint of science”. Chercheur et kinésithérapeute à mi-temps, il développe une nouvelle méthode d’évaluation et de rééducation des Troubles musculo-squelettiques, la première cause de maladie professionnelle reconnue en France.

“Quand on est de Blois, on fait ses études à Orléans. C’est comme ça !”. C’est donc au Centre hospitalier régional d’Orléans que le Blésois Maxime Houry obtient son diplôme de masseur-kinésithérapeute et qu’il pratique quelques années avant de reprendre ses études. “J’avais envie de développer l’aspect scientifique du métier : ne plus être un simple consommateur de données mais aussi un producteur.”

Il s’inscrit donc à l’Université Claude Bernard de Lyon pour suivre un Diplôme universitaire d’interprétation des essais thérapeutiques. “Cette première étape avait deux objectifs : mieux comprendre la construction d’une connaissance scientifique dans le domaine de la santé et me prouver que j’étais capable de reprendre des études après deux ans de pratique purement professionnelle.” Le test est validé. Maxime enchaîne avec un Master de recherche en sciences du mouvement à l’Université Paris Nanterre : “C’est là que j’ai compris que je voulais continuer dans la recherche !”

Il se met alors en recherche d’un poste de doctorat et décroche une thèse un peu particulière puisqu’il est à mi-temps chercheur au sein du Centre d’études des transformations des activités physiques et sportives (CETAPS) de l’Université de Rouen Normandie et à mi-temps kinésithérapeute à l’Hôpital de la Musse dans l’Eure. “C’est beaucoup d’organisation mais cette solution me convient. Elle me permet de mener mes travaux tout en continuant de développer mes compétences professionnelles”, explique-t-il.

ANALYSER LE MOUVEMENT

Les recherches de Maxime portent sur les Troubles musculo-squelettiques de l’épaule (TMS), une affection médicale aujourd’hui reconnue comme la première cause de maladie professionnelle en France.

Bien que très courants, ces troubles restent encore aujourd’hui difficiles à évaluer et à rééduquer. “Lorsqu’un·e patient·e se plaint d’une douleur, on va tout d’abord rechercher un traumatisme : de l’arthrose, un tendon ou un muscle abîmé. Dans le cas de ces troubles, le lien entre ce que l’on trouve et les symptômes est aujourd’hui remis en cause”, constate Maxime avant d’ajouter : “Cette absence de cause identifiée rend ces pathologies particulièrement complexes à traiter : 3 patient·e·s sur 10 rentrent chez elles et eux sans amélioration de leur état. Je veux améliorer le score !”

Maxime cherche donc à développer une nouvelle méthode d’évaluation concentrée sur l’analyse du mouvement. Il étudie pour cela ses collègues, les infirmier·e·s et les aide-soignant·e·s de son hôpital et de celui d’Evreux. “Ce que je regarde c’est la façon dont se passe le mouvement. Je mesure la force produite, la contraction du muscle, … J’espère que les résultats me permettront d’identifier clairement les personnes en souffrance.”

Y ALLER PROGRESSIVEMENT...

En parallèle de ses recherches et de ses consultations, Maxime se forme également à la médiation scientifique. “C’est un très bon exercice pour moi qui ai peur de prendre la parole en public. Cela me permet de mieux maîtriser mon stress, d’être un peu plus pédagogue.”

Après l’Atelier des chercheurs et chercheuses en 2021, Maxime participera donc le 18 mai prochain au festival “Pint of science” : “J’y vais progressivement !” sourit-il. “L’année prochaine, je pense m’inscrire au concours “Ma thèse en 180 secondes”, un défi encore plus stressant !”

En attendant, le jeune chercheur poursuit ses expérimentations malgré les difficultés liées à la crise sanitaire. “Les personnels hospitaliers sont dans une situation de grande tension, difficile pour moi de leur demander de me consacrer du temps en ce moment.” Et après, Maxime s’imagine-t-il chercheur ou kinésithérapeute ? “Je ne sais pas. Cela dépend à quel point la thèse m’aura poussé dans mes retranchements !”