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Sur les traces d’Isadora Duncan

Publié par CNRS Délégation Normandie, le 9 mars 2020   690

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Docteure au Centre d’Etudes des transformations des activités physiques et sportives (CETAPS) à l’Université de Rouen, Isabelle Namèche vient de soutenir sa thèse portant sur l’origine et la transmission de l’art de la danse d’Isadora Duncan.

Professeure de sport, joueuse de basket puis entraineuse à haut niveau, le parcours d’Isabelle est riche avant qu’elle ne devienne doctorante, sans compter une tranche de vie à l’étranger où elle effectue une mission humanitaire et une autre, de retour en France où elle enseigne en tant que professeur des écoles. Passionnée par l’enseignement, elle décide de reprendre ses études à l’Université de Rouen en STAPS. Quand son professeur de sociologie lui conseille de lire le livre intitulé « Ma vie » d’Isadora Duncan puis de faire un stage de danse, c’est la révélation ! Elle décide d’y consacrer son sujet de thèse et s’engage dans cette voix en 2015.


Dans un premier temps, Isabelle étudie l’histoire et le travail d’Isadora Duncan à travers son roman qui constitue ses seules mémoires. Elle cherche à comprendre comment la chorégraphe a construit son art de la danse. Aspirée par son sujet, elle part en en Allemagne et en Angleterre pour suivre les traces d’Isadora Duncan dans les archives et les bibliothèques. Parallèlement, elle suit une formation dans une école de danse pendant trois ans où elle apprend à danser pour mieux comprendre son sujet. Elle mène des entretiens auprès des danseuses de cette école. Isabelle visite également des écoles de danse affiliée à Isadora Duncan à Munich, Londres, Paris, Dijon et participe à divers stages.

Le style d’Isadora Duncan est élaboré à partir d’un système de valeurs porté par un idéal familial. Lorsqu’elle fonde son école à Berlin en 1904, la sœur d’Isadora, Elisabeth, participe à son projet. Dans son travail de thèse, Isabelle démontre que la transmission de ces valeurs par l’éducation à l’art de la danse révèle des logiques sociales qui structurent les modes de vie. Elle découvre deux modalités de transmission du savoir : l’un de l’ordre de l’initiation, l’autre de l’ordre de l’entraînement. Selon Isabelle, l’enseignement Duncan est basé sur la logique du désir et de l’échange. En découvrant que son art relève d’un style naturel, Isabelle explique en quoi son style pose un problème de signature et montre que la voie de la transmission empruntée, d’ordre initiatique et tournée vers l’intériorité de la nature, déplace désormais le débat en danse, jusque-là orienté sur son extériorité.

En parallèle de sa thèse, Isabelle enseigne plusieurs disciplines tels que l’anthropologie, l’histoire de la danse et la sociologie du sport auprès d’étudiants de licence de sciences et techniques des activités physiques et sportives.

Isabelle a soutenu sa thèse en décembre dernier face à un jury international. Pour incarner son sujet, Isabelle a choisi d’être accompagnée par une danseuse et une musicienne le jour de sa soutenance. Aujourd’hui diplômée, elle a pour projet d’écrire un livre à partir de son sujet de thèse.

Isabelle Namèche est l'une des ambassadrices du programme "Réflexion.s" imaginé par Normandie université, Le Dôme et le CNRS Normandie. Elle anime le compte du 9 au 15 mars 2020.


Crédits : Normandie université/A. Bonin