Journées Accompagnement, Reconnaissance et Emploi (3/3) : RECONNAITRE

Publié par Le labo CIBC, le 3 septembre 2020   100

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Les journées Accompagnement, Reconnaissance et Emploi ont été l’occasion de nombreux échanges, retours d’expériences et travaux[1]. Les interventions et tables-rondes ont été enregistrées ; vous pouvez les retrouver sur notre chaîne YouTube.

Les ateliers ont également été des temps forts, qui ont permis à chacun-e de se confronter aux enjeux liés à la création de dynamiques d’accompagnement à la reconnaissance, et de tenter d’en produire une représentation commune. Nous en proposons ici une restitution qui ne peut prétendre à l’exhaustivité. Chaque participant-e a joué un rôle spécifique au sein de chacun des ateliers, et seule la somme des expériences singulières et des perceptions et ressentis de chacun-e serait susceptible de satisfaire l’objectif d’une restitution complète et fidèle. Nous vous livrons ici la vision et l’expérience vécue par les membres du Labo CIBC, et nous vous invitons à la compléter par la vôtre en commentaire, si vous avez eu l’occasion de vivre l’une de ces journées à nos côtés. Veuillez donc considérer cet article comme inachevé, une invitation à poursuivre la dynamique collaborative de nos travaux [2].

Rendre visible des parcours de reconnaissance, favoriser les interrelations sur un territoire, reconnaître les salariés, reconnaître les entreprises : une thématique par atelier, mais une méthode commune proposée par François Millet (le Dôme) : une phase dite d’idéation en production individuelle (autant de post-it que d’idées), avant un regroupement et une catégorisation de cette production par le collectif. Chaque binôme d’animateurs y a cependant mis sa patte, ce qui donne une diversité de résultats.


L’important résidait dans le fait de disposer de suffisamment de matériau afin de permettre la construction de scenario d’usages, de propositions de parcours, offrant des solutions aux problématiques et enjeux abordés. Pour ce faire, il était possible de recourrir à la présentation d’éléments inspirants, d’exemples existants, afin de guider les participants dans leur sélection, puis dans leurs productions.


Reconnaissance des salariés et des entreprises

Lorsque les participants s’intéressant à la reconnaissance des salariés nous proposaient  2 parcours, l’un consacré à la promotion, l’autre à l’identification de compétences / de potentiel,  dans le même temps le groupe qui se penchait sur la reconnaissance des entreprises nous proposait une Entreprise Apprenante et une Entreprise Inclusive. 



Que la reconnaissance concerne les salariés ou les entreprises un commun semble émerger : l’opportunité de faire du salarié un « collecteur de badge » qui lui permette à la fois de rendre compte du développement de son potentiel, mais également des opportunités offertes par l’entreprise en la matière. Cette mise en valeur des ressources de l’entreprise fait l’objet d’un travail de co-construction associant les salariés qui - aux cotés des services RH et des Managers – peuvent être à l’origine de parcours fléchés, facilitant la lisibilité des opportunités en question, de l’accès à ces ressources et aux objectifs que ces derniers permettraient d’atteindre.

Davantage que le résultat visé, ce serait le processus, le travail de co-construction des parcours qui permettrait une prise de conscience réciproque sur ce que chacun peut apporter et est susceptible de développer en s’engageant dans une logique de parcours de reconnaissance – qui flirte bien entendu avec les parcours de professionnalisation.

Dans ce cas, on note que la négociation du dispositif de reconnaissance précède la mise en œuvre par le salarié. Certains ont cependant noter la possibilité d’une démarche autonome de reconnaissance pour les salariés ; ce qui place alors plus classiquement le processus de négociation en fin de parcours, et le rend peut-être plus incertain. Il est intéressant d’identifier à quel moment – dans le processus RH de l’entreprise – la reconnaissance va être formalisée, avec le risque de formolisation fréquemment évoqué par Serge Ravet.

 

Interrelations sur les territoires

Comment faciliter la rencontre, la relation de travail entre acteurs, par la reconnaissance ouverte ? 


Le travail des participants a donné lieu à la proposition de plusieurs parcours, avec des vocations spécifiques (Accueil, Communication, Co-création, etc.). Bien que d’orientations différentes de prime abord, ces parcours font la part belle aux méthodes et principes d’action liés à la reconnaissance ouverte :

  • des rencontres informelles, fun, permettant de briser la glace et de favoriser l’interaction
  • des méthodes de travail innovantes et parfois inédites pour les acteurs concernés
  • des occasions de réflexivité de questionnements collectifs
  • des productions utiles aux acteurs dont ils sont eux-mêmes à l’origine
  • des productions à l’origine d’un commun pour le collectif / le territoire concerné   

 

Visibilité des parcours

Si la question de la cartographie, et de la traçabilité des expériences est souvent abordée, cette-fois les participants ont volontairement axé leur réflexion et leurs productions sur la manière dont une personne pourrait être amenée à remobiliser des évènements passés, notamment dans le cadre d’un accompagnement. Comment favoriser l’émergence de ce récit, sous quelle forme, dans quel format pourrait-il prendre corps ?

Des propositions de différentes natures ont vu le jour à l’issue de ces travaux. De l’entretien guidé à l’aide de parallèles chronologiques historiques ou culturels, à des formules beaucoup plus métaphorisées, en passant par un reportage type « capsule radio », les participants avaient manifestement dans l’idée d’outiller un potentiel accompagnateur autant que la personne elle-même.

Dans le 1er cas, la proposition consistait à la présentation d’amorces « temporelles » du type « que faisiez-vous lorsque tel évènement historique majeur est survenu » ou encore « où étiez-vous au moment où telle référence de la chanson française est sortie ? », afin de permettre à la personne accompagnée de remobiliser des moments marquants de son parcours.  L’accompagnateur s’adapte et singularise la nature du questionnement aux intérêts de la personne, et ainsi facilite le récit du parcours en fonction d’un contexte historique ou musicale « englobant » l’histoire personnelle. La « playlist de sa vie » comme outil de récit du parcours en somme.

Une autre proposition concernait la préparation et la réalisation d’une courte interview prenant la forme d’une capsule radio / podcast. Avec l’idée d’une « mise en lumière » d’un parcours personnel à l’aide d’un rendez-vous régulier, voire quotidien, sur un territoire donné. L’accompagnateur devient intervieweur, l’accompagné fait l’objet d’intérêt, l’auditoire tend l’oreille.

Quant à la troisième proposition, elle reposait sur une allégorie : la quête du Graal. Permettre par l’emprunt d’un récit médiéval, voire même plus largement d’un univers Héroic Fantasy, une décentration de l’individu quant à son récit personnel. Ce dernier transpose son expérience en épopée héroïque, dans laquelle l’objectif deviendrait le Graal, le parcours la quête, et où Excalibur pourrait être son conseiller, comme le groupe le proposait alors. Si l’individu est libre de filer la métaphore comme il le souhaite, l’intérêt relève bien de la réflexivité permise par la relecture de la quête et la mise en perspective de son histoire.


Vous pourrez retrouver les restitutions des travaux concernant le COMMUN en suivant ce lien, ainsi que celles des travaux concernant le PARCOURS en cliquant ici.

Que vous ayez participé ou non à ces travaux, nous espérons vous retrouver prochainement afin de poursuivre ces réflexions et productions. Et si vous y avez participé , et que vous souhaitez compléter cette restitution, merci de nous faire vos retours en commentaire de cet article.


Muriel MOUJEARD et Eden JEAN-MARIE


[1] Rappel du programme au lien  suivant

[2] Nous modifierons cet article en y intégrant vos retours